« Un petit business dans leur coin » : la réponse d’une fidèle à monseigneur Aupetit

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Monseigneur,

Suite à votre intervention sur radio Notre-Dame, c’est avec beaucoup d’émotion que je vous écris aujourd’hui.

Élevée dans une famille « moderne », née de parents divorcés, j’ai vécu une enfance dorée baignée dans le multiculturalisme et l’amour.

Je ne suis pas catholique de souche. Baptisée à un an, l’école privée m’a permis de faire ma première communion à l’âge raisonnable de huit ans, comme nombre de mes contemporains. En dehors de quelques rares occasions, je n’avais jamais assisté à la messe. Je n’en ressentais pas le besoin. Jésus était amour, pourquoi aurait-il souhaité que je me réveille à l’aube plutôt que de profiter d’une grasse matinée ? Programme bien plus agréable après une soirée arrosée.

Ce repas auquel quelques prêtres osaient parfois m’inviter ne me tentait guère. L’amour je le partageais en famille et avec mes amis, quotidiennement et sans contrainte. Pourquoi ai-je donc changé ? Parce que l’Amour est exigeant. Cette exigence nous élève et nous transforme.

Monseigneur, j’étais jeune et j’étais en quête d’absolu. Vos messes dépourvus d’ornements, la communion dans la main, l’effacement de la dimension sacrificielle, l’oubli de l’importance du sacrement de réconciliation… tout cela ne me l’offrait pas. La manière de prier influe sur la manière de croire. Dieu est beauté

A 23 ans je rencontrais l’homme qui deviendrait mon mari. Il était ce que l’on peut appeler un « catholique traditionaliste », attaché à la forme extraordinaire de la messe.  A l’époque, je ne connaissais rien de vos querelles de clochers. Pour moi les catholiques allaient à la messe tous les dimanches, et tous communiaient dans la main comme on me l’avait appris. Il n’existait pas d’alternative. Je fus bouleversée de voir mon futur mari à genoux, la bouche ouverte, afin de recevoir la Sainte Communion. Cette position, à la fois fière et humble, me semblait étrangement incongrue et fascinante. A mon interrogation il répondit simplement : « Dans cette hostie se trouve réellement Dieu. Nous ne nous permettons pas de le toucher avec nos mains ». Je n’ai plus jamais communié dans la main depuis. Je suis toujours étonnée de voir combien cela choque. Bien plus que le fait qu’il est interdit, au commun des mortels, de toucher la reine d’Angleterre.

                Monseigneur, j’étais jeune et j’étais en quête d’absolu. Vos messes dépourvus d’ornements, la communion dans la main, l’effacement de la dimension sacrificielle, l’oubli de l’importance du sacrement de réconciliation… tout cela ne me l’offrait pas. La manière de prier influe sur la manière de croire. Dieu est beauté, et il est bien plus grand que n’importe quel monarque terrestre. Il a donc le droit au plus somptueux décor et au plus grand respect. La communion sur la langue en fait partie. Comment osez-vous, Monseigneur, ne pas réfuter que communier sur la langue participerait à la propagation de l’épidémie ? Dieu porterait-il la mort, lui qui est la Vie ?

Evidemment, je ne demande pas au gouvernement de comprendre la transsubstantiation, mais à vous, notre pasteur, je vous demande d’en témoigner !

Vous nous traitez d’incultes, car nous sommes attachés à une tradition qui date « seulement » du VIème siècle ! Attachons-nous plutôt à la raison pour laquelle cette pratique a évolué à cette époque. Pourquoi vouloir à tout prix retourner à l’Eglise primitive ?  Ce n’est pas inutilement que Mère Thérèsa parlait de la communion dans la main comme « le grand malheur de notre monde actuel ». Saint Jean-Paul II assurait également ne pas être en faveur de cette pratique et ne pas la recommander. Faut-il rappeler que communier dans la main demande une autorisation spéciale ? Il s’agit donc bien d’une exception et ne devrait en aucun cas constituer une règle.

Monseigneur, je communie sur la langue et à genoux, car si Dieu se trouve réellement dans cette hostie, je n’imagine pas comment il pourrait en être autrement.

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