Ukraine-Russie: ce qu'en disent les anciens diplomates de Donald Trump

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Très discret depuis qu’il a salué le « génie » de Vladimir Poutine au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Donald Trump est crédité d’une chose par ses critiques. Comme l’ancien occupant de la Maison Blanche, ils estiment que le maître du Kremlin ne se serait sans doute pas lancé dans une telle opération s’il avait été réélu à la présidence des Etats-Unis en novembre 2020. Il n’en aurait pas eu besoin, disent-ils implicitement. « Outre son admiration pour la Russie, Donald Trump considérait l’Ukraine – un pays faible à ses yeux – comme appartenant à sa zone d’influence, ne serait-ce que parce que ses habitants en parlaient la langue. Il n’aimait pas non plus l’Alliance Atlantique et prévoyait d’en sortir à en croire certains de ses conseillers. Imaginez ce que cela aurait donné ! » expliquait, il y a peu, lors d’une visioconférence avec le Wilson Center, Marie Yovanovitch, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine (2016-2019). Démise de son poste pour avoir refusé de l’aider à recueillir des preuves sur les activités locales du fils de Joe Biden, alors un rival potentiel à l’élection présidentielle de 2020, elle avait été appelée à témoigner devant le Congrès lors du premier procès en destitution mené contre Donald Trump. Ce dernier était alors accusé d’avoir fait chanter Volodymyr Zelensky, le jeune président ukrainien, dans l’optique de bâtir un dossier contre son concurrent démocrate. Pour autant, Marie Yovanovitch qui vient de publier ses mémoires (Lessons From the Edge: a Memoir), ne charge pas l’ancien président de tous les maux dans les événements actuels. « Nous aurions dû nous montrer beaucoup plus fermes vis-à-vis de la Russie au moment de son annexion de la Crimée. On avait déjà protesté, auparavant, mais pas assez lors de la guerre en Tchétchénie et celle de Géorgie », dit-elle, en pointant implicitement du doigt Barack Obama, son prédécesseur. Manque de constance. C’est un jugement que partage Fiona Hill, spécialiste de la Russie et membre du conseil national de sécurité de Donald Trump (2017-2019) après avoir travaillé comme analyste dans les administrations de George W. Bush et Barack Obama. Mise en lumière lors du même procès en destitution du président Trump, celle qui vient aussi de publier ses mémoires (There is nothing for you here) charge également son prédécesseur. « L’erreur principale fut de ne pas tenir la ligne rouge au moment de la guerre en Syrie. Vladimir Poutine a considéré que les Etats-Unis étaient décidément faibles. Il y a plein d’épisodes où nous n’avons pas réagi fermement face à la Russie. Il y a eu un manque de constance dans l’approche de ce pays ces vingt dernières années. Cinq présidents se sont succédé et autant de conseillers à la sécurité quand dans le même laps de temps le pouvoir demeurait immuable à Moscou », explique Fiona Hill. Sans préjuger de la fin de la guerre en Ukraine, la spécialiste note seulement que Vladimir Poutine, à ses yeux « le premier leader populiste de ce siècle », a sans doute connu le faîte de son pouvoir le 23 février, position qu’il ne devrait jamais retrouver.

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