Squid Games : une fable morale

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Le succès de Squid Games n’est pas le fruit d’une frénésie collective imméritée. Cette série est une réussite formelle manifeste. Son scénario d’une grande intelligence est servi par un casting d’acteurs locaux remarquables, au sein desquels se distingue Lee Jung-Jae, émule asiatique de Fabrice Luchini et Roberto Benigni qui interprète le personnage principal Seong Gi-hun. Doté d’un comique naturel irrésistible, il a la qualité rare du clown capable d’émouvoir sans jamais céder aux sirènes du pathos, jusqu’à s’enlaidir. C’est d’ailleurs une marque de fabrique du pays de la dynastie Joseon que de ne pas verser dans cette épouvantable moraline occidentale qui a contaminé l’entièreté de sa fiction cinématographique.

Intense réflexion sur la cruauté de la vie coréenne pour les plus démunis, Squid Games est une fable morale qui est tout à fait transposable en France ou aux Etats-Unis. Elle présente des exclus, qu’ils soient des criminels marginaux ou des accros aux paris sportifs endettés, ayant l’espoir de se refaire financièrement en participant à un jeu secret dont ils ne connaissent pas les conséquences avant d’en être les acteurs. Recrutés dans la rue par un homme mystérieux qui teste leur détermination à s’avilir en leur balançant de grandes claques contre quelques billets, ces hommes et ces femmes sont ensuite conduits sur une île où les sévices les plus vicieux leur sont infligés au cours d’épreuves perverses servant de spectacle à une élite financière occulte prête à payer pour cet Intervilles mâtiné de snuff movie. […]

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