Régionales : humiliation pour la Macronie

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Comme sur un échiquier, Emmanuel Macron a joué ses pions aux régionales, en envoyant ses pièces par-ci par-là en France, mais partout elles ont été mangées : les ministres-candidats ont obtenu des scores calamiteux.

Envoyer des ministres pour garder la face

Comme chacun sait, mouvement et non parti, LREM n’a aucun ancrage local, et ne dispose d’aucuns élus sur lesquels s’appuyer pour mailler le territoire. Hors de Paris, le camp présidentiel ne manque pas seulement de popularité : il n’existe pas.

Pour réparer cette tache fondamentale, Macron a essayé d’afficher une nouvelle face de sa personnalité en se présentant comme un amoureux des régions. Il a annoncé qu’un nouveau texte sur l’enseignement des langues régionales par la méthode immersive serait discuté, et a lancé un grand tour de France pré-présidentiel. Surtout, l’Elysée a décidé de missionner ses ministres pour conquérir les régions – ou du moins s’y rendre visible, car la victoire n’existait pas même à l’état d’hypothèse. En tout et pour tout, quinze des quarante-trois ont été envoyés à grand coup de pied aux six coins de la France, parmi lesquels les médiatiques Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti, Marlène Schiappa, Gabriel Attal, Amélie de Montchalin, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu. « Il y aura bientôt plus de ministres sur les marchés qu’au Conseil des ministres » ironisait même Karima Delli, candidate de l’union des gauches dans les Hauts-de-France.

En bon français, on appelle ça du parachutage tous azimuts. Remémorons-nous l’altercation entre Éric Dupond-Moretti et Damien Rieu (puis avec François Ruffin), alors que le ministre venait serrer ses premières mains sur le marché, et surtout faire du zèle en grognant publiquement.

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« Je ne veux pas chasser sur les terres du Front national, je veux chasser le Front national de ces terres » avait-il annoncé quelques semaines plus tôt. Une sorte de croisade 2.0 contre la haine pour reconquérir les territoires régionaux. Le but du jeu était donc d’affaiblir le RN, à un an de la présidentielle et du duel annoncé entre Macron et Le Pen. Leur seul programme consistait cette année à affaiblir Marine Le Pen, pour preuve les dires du délégué général LREM Stanislas Guerini sur RTL : « Partout où il y a un risque avéré qu’une région puisse être dirigée demain par l’extrême droite, on prendra nos responsabilités […]  ».

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