Réduire le débat concernant le Venezuela à la question du respect du droit international ou de la nocivité du régime indéniablem…

Réduire le débat concernant le Venezuela à la question du respect du droit international ou de la nocivité du régime indéniablement corrompu et criminel de Maduro est une perte de temps et confirme notre impuissance géopolitique et notre impasse psychologique.

L’Amérique du Sud et les Caraïbes ne sont pas des terres lointaines pour la France : nous appartenons à ce continent grâce à nos îles et à la Guyane, où se trouve le Centre spatial guyanais et sa base de lancement, qui compte parmi les plus importantes au monde, ainsi que d’importantes ressources minières.

Autant d’atouts qui nous permettraient d’exercer une influence légitime dans cette région du monde.

Qu’ont fait ceux qui nous ont gouvernés ces dernières années pour exploiter ce potentiel ? Quatre lancements de fusées Ariane en 2025, une approche sub-tactique de la lutte contre l’orpaillage clandestin, une modeste contribution à la lutte contre le narco-trafic, en particulier à destination des États-Unis… Mais contrairement à Pékin ou Washington, point de réflexion ou d’engagement stratégique.

Au lieu de perdre encore notre temps en discours abstraits sur les principes, les valeurs et le droit international ou – pire encore – à s’aventurer en jugements moraux précipités et imprudents, nous devrions donc sortir de la naïveté pour admettre que la force est une constante historique absolue dans les relations internationales.

La première chose à faire est donc de nous demander quels sont nos intérêts dans cette zone où :

• la Chine a considérablement accru sa présence grâce à des centaines de milliards de prêts et d’investissements qui lui permettent de mettre la main sur les infrastructures stratégiques (économiques et militaires) et de capter des ressources naturelles ;
• les États-Unis ont décidé de réduire l’influence chinoise dans les Caraïbes et en Amérique du Sud par tous les moyens à leur disposition.

Étant donné que nous avons renoncé depuis trop longtemps à exploiter le potentiel géopolitique de nos territoires d’outre-mer, posons-nous cette question simple :

qu’est-ce qui nous permettrait de défendre plus efficacement nos intérêts dans cette région du monde ? Favoriser la puissance chinoise dans des pays voisins de la Guyane française et de nos îles ultramarines ? Ou plutôt essayer de composer avec les États-Unis pour réaffirmer la place occidentale dans la région et faire en sorte que cette influence ne soit pas seulement américaine, mais aussi française ?

Car c’est bien cela, et pas seulement le trafic de drogue, qui est en jeu pour nous, Français, en Amérique du Sud, et en particulier au Venezuela, un pays qui se situe à un petit millier de kilomètres de notre frontière.

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