Pour ses premiers pas à l'Assemblée, la Nupes avance à tâtons

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« On est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là ! » Cinq ans après l’irruption des premiers députés de La France insoumise (LFI), l’Assemblée nationale a résonné cette fois au son de l’hymne des Gilets jaunes. Comme en 2017, c’est un Jean-Luc Mélenchon — encore député pour quelques heures — qui a pris la tête du cortège dans la cour d’honneur du Palais Bourbon. Ils étaient alors seize à ses côtés, ils sont désormais plus de soixante-dix, élus dans la foulée de l’union de la gauche et des écologistes au sein de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes). Même révérence pour le cérémonial républicain, à l’image du député Alexis Corbière expliquant à ses collègues la scène d’un haut-relief représentant Mirabeau. Mêmes regards d’enfants émerveillés pour les nouveaux élus découvrant l’hémicycle. Le contexte politique n’a, en revanche, plus rien à voir avec celui qui prévalait après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée. « Je ne sais pas à quoi cette législature va ressembler mais c’est déjà un acquis d’être parvenu à le bloquer », glisse un néophyte insoumis. L’exécutif a perdu sa majorité et cherche le moyen de se réinventer. Tout comme la Nupes tâtonne encore à passer concrètement de la coalition électorale à l’alliance parlementaire. « Sauce interne ». Après les insoumis, les écologistes débarquent à leur tour. Les Verts ont tenu leur première réunion avant la constitution d’un groupe de vingt-huit élus, le plus imposant de leur histoire. Viennent ensuite les communistes, guidés par leur secrétaire national Fabien Roussel. Eux choisiront mercredi matin leur président qui ne devrait être autre que le sortant André Chassaigne. Les socialistes, derniers arrivés, éliront le leur jeudi après un dépôt des candidatures mercredi. Un processus de constitution des groupes tout ce qu’il y a de plus banal, à une grosse différence près. La veille, Jean-Luc Mélenchon a en effet créé la surprise en proposant la création d’un groupe unique. Malgré le refus quasi immédiat des autres partis, ses lieutenants croient pouvoir encore les convaincre. « Ce groupe unique est une nécessité qui s’impose pour envoyer un message de clarté dans une période confuse. Une course de vitesse est engagée, il faut un point d’appui pour gouverner le pays. Ce questionnement va traverser chacun, nous avons assumé nos différences devant les Français qui ont voté pour la Nupes, il faut maintenant montrer qu’on est à la hauteur », argumente le député LFI du Val-d’Oise Paul Vannier. A quelques mètres, la numéro deux d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Sandra Regol parle pourtant d’un « non-sujet » et assure que « personne n’est hyper partant ». « L’important, c’est d’aller tous ensemble à l’Assemblée en tant que Nupes. Le reste n’est que de la sauce interne qui ne devrait même pas être sur la place publique », poursuit la nouvelle députée du Bas-Rhin. Le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, élu à Paris, plaide d’ailleurs pour s’en tenir à la structure réunissant les différents groupes tel que prévu par l’accord entre les quatre formations. Sans se limiter sur la forme. « On peut imaginer beaucoup de choses : pourquoi pas un intergoupe par région, par texte comme celui sur le pouvoir d’achat ou encore par commission ? », cogite le patron des écologistes. Si la proposition de Jean-Luc Mélenchon, élaborée avec son cercle le plus restreint, n’a guère été concertée en amont, certains ne lui en tiennent pas particulièrement vigueur. « Balles dans le pied ». « Je comprends son appel à faire plus qu’une simple coordination parlementaire. L’intergroupe ne doit pas être que technique mais surtout un espace de discussion politique où on se voit chaque semaine pour poser des sujets mais aussi des désaccords. Il faut faire au quotidien ce qu’on a fait avec la Nupes aux élections, sinon on finira dans les poubelles de l’histoire », avance le député Génération.s des Yvelines Benjamin Lucas. Les socialistes n’ont, en revanche, pas goûté la sortie de Jean-Luc Mélenchon qu’ils mettent sur le compte d’une volonté d’occuper le terrain médiatique et de marquer des points auprès de l’électorat de gauche. Tout en espérant que l’intergroupe verra bien le jour. Le premier secrétaire Olivier Faure a d’ailleurs remis son costume de vigie de l’unité de la gauche et alerté ses camarades. « On ne comprendrait pas qu’on se divise vingt-quatre heures après le scrutin. Il faut exprimer la même volonté dans tous les groupes pour ne pas faire un doigt d’honneur à ceux qui nous ont élus sur une ligne de rassemblement de la gauche. Ils en ont ras le bol de ces guerres de tranchées et de cette capacité incroyable à se tirer des balles dans le pied », a mis en garde le chef du PS. En connaissance de cause.

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