Postes à l'Assemblée : les ambitieux se préparent

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Tout le casting de la majorité est à revoir. Elle devait être incarnée pour le second quinquennat d’Emmanuel Macron par quatre visages à l’Assemblée nationale : le président de l’institution, Richard Ferrand et les trois présidents de groupe, Christophe Castaner pour LREM, Patrick Mignola pour le MoDem et Pierres-Yves Bournazel pour Horizons. Ces quatre figures de la macronie ont toutes été battues dimanche soir. Un scénario que personne n’avait prévu et qui oblige la majorité à improviser leur succession. Qui pour prendre leur place ? La question était au cœur des discussions qui ont eu lieu lundi midi lors d’un déjeuner de travail à l’Elysée, autour d’Emmanuel Macron. Elle doit être réglée au plus vite. L’élection de la présidence du groupe LREM devrait avoir lieu mercredi. La députée des Yvelines, Aurore Bergé, déjà candidate au poste la dernière fois, serait sur les rangs. Les noms de Gabriel Attal et Olivia Grégoire étaient cités par certains députés mais tous deux l’excluent. Personne ne pensait il y a encore quelques heures que le Perchoir serait libre. Avec l’éviction de Richard Ferrand dans le Finistère, certains s’y voient déjà. La présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet et le président de la commission des Affaires économiques, Roland Lescure, ne cachent pas leur intérêt pour le poste. Outre ces débats internes à la majorité, la bataille des postes va se jouer entre la macronie et ses deux principales oppositions, la Nupes et le RN. Le règlement de l’Assemblée nationale prévoit d’accorder à l’opposition un poste de vice-président, une place de questeur mais aussi, et surtout, la prestigieuse présidence de la commission des finances. La tradition veut qu’elle revienne au plus grand groupe d’opposition même si rien ne le précise dans les textes. Or, vue l’ampleur des dégâts, la macronie s’apprête à rendre coup pour coup : « Les traditions peuvent voler en éclat, on va tenter de minorer toutes les emmerdes », prévient un proche d’Emmanuel Macron. Autrement dit, la majorité pourraient soutenir des candidats issus de LR pour écarter les extrêmes de ces postes clefs et, au passage, donner des gages à la droite avec qui elle devra composer pour faire passer les textes. « Représailles ». Personne ne s’attendait non plus à ce que le RN soit le premier groupe d’opposition de l’hémicycle, avec 90 députés. Marine Le Pen a déjà fait savoir qu’elle voulait en prendre la présidence. Et les frontistes comptent bien décrocher tous les postes auxquels ils pourraient prétendre. « Nous voulons faire respecter la tradition, sinon il y aura des représailles », prévient un proche conseiller de Marine Le Pen. En interne, c’est Jean-Philippe Tanguy, directeur de campagne adjoint de la candidate à l’élection présidentielle, venu du parti de Nicolas Dupont-Aignan, qui serait pressenti pour candidater à la présidence de la commission des finances. Pour la questure, le profil de Sébastien Chenu apparaît comme le plus crédible. Pour la vice-présidence de l’Assemblée, le député Roger Chudeau, ancien du cabinet de François Fillon à l’Education nationale, qui a ravi la circonscription de Guillaume Peltier dans le Loir-et-Cher, est l’un des profils étudiés. La stratégie de la Nupes est, elle, encore en cours d’élaboration. Jean-Luc Mélenchon a pris tout le monde de court en proposant lundi de former un seul et même groupe. Ce qui est totalement contraire à l’esprit de l’accord scellé par les composantes de la Nupes, selon lequel chacun – Insoumis, écologistes, communistes, socialistes – aurait son propre groupe parlementaire. Il aura d’ailleurs fallu quelques minutes à peine pour que toutes les autres composantes de l’alliance s’opposent à cette proposition. Mais la Nupes voudrait présenter un candidat commun à chaque poste, que ce soit pour la questure et la commission des finances. Seront-ils capables de se mettre d’accord alors que plusieurs prétendants se dessinent pour ce poste, comme la socialiste Valérie Rabault ou l’Insoumis Eric Coquerel ? Un proche d’Emmanuel Macron n’a aucun espoir : « Ils vont bordéliser la commission. Pour le budget, ça sera l’enfer sur terre. »

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