Paris : bientôt des logements sociaux au milieu d’un jardin paroissial du 3e arrondissement ?

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

C’est une initiative qui ne fait pas l’unanimité. Dans la capitale, la mairie du 3e arrondissement envisage d’aménager une voie qui traverserait le jardin paroissial de l’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, au 15, rue Saint-Claude. L’objectif : desservir un futur immeuble qui abriterait 24 logements sociaux, avec un équipement culturel au rez-de-chaussée, rapporte Le Parisien, lundi 9 mai. A savoir que cet espace vert et l’église appartiennent à la Ville de Paris. C’est aussi le cas de la parcelle adjacente, acquise pour la somme de 5 millions d’euros par la municipalité en 2016.

« Catastrophique pour la vie paroissiale » 

Pour le moment, le budget et le calendrier de cette opération n’ont pas été arrêtés. « Le projet n’est pas ficelé. Mais j’ai la volonté inébranlable de faire du logement social à cet endroit », indique au quotidien régional Ariel Weil (PS), maire de Paris centre. Et c’est parce que la future résidence n’aura aucune ouverture directe sur la rue, que la mairie envisage d’aménager une voie qui traverserait le jardin de l’église. Cette dernière donnerait donc accès aux logements sociaux. 

Interrogé par le même journal, François Lainé, curé de Saint-Denys, ne voit pas ce projet d’un bon œil. Selon lui, celui-ci « consisterait à amputer le jardin de la moitié de sa surface et à couper en deux [le] parvis », ce qui serait « catastrophique pour la vie paroissiale ». Par ailleurs, le religieux estime que cela poserait « un problème de sécurité »

Un projet « aussi néfaste qu’inutile » 

De son côté, Dominique Thirion, maître de conférences à Paris II et secrétaire de l’association de défense du parvis vert de Saint-Denys, se dit dans les colonnes du Parisien « pour les logements sociaux, à condition qu’ils ne soient pas construits dans le jardin paroissial ». Au nom de son association, qui compte déjà 430 adhérents, l’enseignante réclame « le retrait de ce projet aussi néfaste qu’inutile ». Selon elle, le projet est « absurde », car « il existe déjà un accès à la parcelle en question, y compris pour les véhicules de secours, par le 64-66, rue de Turenne ». Sur ce dernier point, Ariel Weil argue que « parmi les trois accès possibles, le 15, rue Saint-Claude demeure la solution la plus simple, puisque la Ville est propriétaire des lieux ». Et de conclure : « Construire 24 logements sociaux ne me paraît pas attentatoire aux activités cultuelles. D’autant qu’il ne s’agirait pas d’un passage public, mais d’une voie privée réservée aux habitants des futurs logements. » 

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