Nucléaire: la Belgique joue les prolongations

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Le gaz russe qui circule à nouveau dans les tuyaux de Nord Stream 1 ne détourne pas l’Europe de sa priorité : réduire sa dépendance aux énergies importées. En mars, au début de la guerre en Ukraine, le gouvernement fédéral belge avait décidé de reporter de dix ans la mise à l’arrêt des deux réacteurs nucléaires les plus récents de son parc, qui en compte sept, Doel 4 et Tihange 3. Ces unités étant programmées pour fermer en 2025, restait le plus difficile : trouver un accord avec l’entreprise qui les opère, Electrabel, la filiale d’Engie. Work in progress. Le groupe français et l’Etat belge ont convenu d’une nationalisation partielle, à 50%, de Doel 4 et Tihange 3, qui seraient rassemblés dans une unité dédiée. C’est une manière pour Engie de partager les risques d’un projet qui contrarie sa stratégie, le nucléaire n’étant pas une priorité de Catherine MacGregor. Surtout, cette prolongation éventuelle est lourde de travaux préparatoires et de remise aux normes. Des coûts chiffrés à un milliard d’euros par la patronne d’Engie. Le cadre convenu avec la Belgique permet « d’assurer une répartition équilibrée des risques et des opportunités », a communiqué le groupe vendredi. L’objectif est de conclure un accord engageant d’ici à la fin de l’année. Peur du black-out. L’Allemagne se décidera plus rapidement sur le sort de son propre parc nucléaire. Plus qu’ailleurs en Europe, la dépendance au gaz russe est vécue comme une épée de Damoclès. Le ministre de l’Economie et du climat, Peter Habeck, vient de lancer une nouvelle consultation concernant la prolongation des trois réacteurs toujours opérationnels du pays, censés être arrêtés à la fin de l’année. Une première expertise a répondu par la négative, mais le risque d’un black-out cet hiver grandit. On saura dans quelques semaines le sort qui leur sera finalement réservé. En toute discrétion, la Suisse a, quant à elle, décidé de jouer les prolongations. Beznau 1, le plus ancien de ses quatre réacteurs, qui se trouve aussi être le plus vieux d’Europe, a passé avec succès sa révision annuelle au printemps. A plus de 52 ans, il vient de redémarrer sans problème. Ailleurs en Europe, les projets ne manquent pas. Londres vient de donner son accord pour la construction de deux nouveaux EPR à Sizewell. L’an dernier, EDF a remis au gouvernement polonais son offre pour l’édification de quatre à six de ces réacteurs de troisième génération, ce qui ferait entrer le pays dans le concert des « nations nucléaires ». La Slovaquie et la République tchèque, qui s’éclairent déjà partiellement grâce à l’énergie atomique, ont chacune pour objectif d’ajouter deux réacteurs à leur parc existant. Le nucléaire est déjà la première source d’électricité à bas carbone (38,5 %) d’Europe, loin devant le solaire, l’hydroélectricité et l’éolien, qui pèsent chacun entre 19 % et 22 %. Parmi toutes les sources d’électricité, les énergies fossiles continuent de tenir le haut du pavé (plus de 44 %), mais l’atome a dépassé le seuil de 20 %, et c’est 35 % pour l’ensemble des énergies renouvelables. La guerre en Ukraine pourrait accélérer la bascule.

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