Meurtre de Ghislaine Marchal : 30 ans après, Omar Raddad clame toujours son innocence

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Des mots de son défunt avocat, Jacques Vergès, l’affaire Omar Raddad est « l’exemple de ce que la justice ne devrait pas faire ». Aujourd’hui, l’institution pourrait redorer son image dans une aff aire qui l’a fait vaciller durant les années 1990. Le 24 juin 1991, les gendarmes retrouvent le corps de Ghislaine Marchal, héritière de Jean-Pierre Marchal, propriétaire d’une célèbre entreprise d’équipements automobiles. La scène est sordide. Éventrée, ses intestins sont visibles, elle a été frappée à la tête et du sang est répandu partout, jusqu’au plafond, dans cette chaufferie accolée à sa villa de La Chamade, dans le village de Mougins (Alpes-Maritimes).

Pour accéder à cette pièce, les gendarmes ont dû ouvrir la porte fermée à double tour, bloquée par un tuyau métallique et un lit pliant placé depuis l’intérieur. La victime se serait donc barricadée durant son agonie. Ce qui va rendre cette histoire célèbre, jusqu’à l’international, ce sont les deux écritures faites avec le sang de la victime qui se retrouvent à deux endroits différents de la pièce : “Omar m’a tuer”, puis “Omar m’a t”. Omar, c’est le nom de son jardinier, Omar Raddad, 29 ans, d’origine marocaine et installé à Toulon.

La solidité de l’enquête mise en cause

Preuve matérielle ou complot ? Les gendarmes orientent leur enquête sur le jardinier… et seulement le jardinier. « C’est une enquête bâclée », dénoncent les défenseurs d’Omar Raddad qui clame son innocence toute la durée de sa garde à vue. Il présente même un alibi pour l’heure du crime. À part ces écritures, aucune preuve matérielle ni aveu. Pourtant, le Marocain est incarcéré avec la théorie suivante : “en mal d’argent à cause de son addiction au casino, il aurait tué sa patronne pour lui voler 2 000 francs en liquide dans son sac à main”.

Des doutes et des “réponses” à apporter

Omar Raddad est condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Nice. Une peine qui ne convainc personne. Si les jurés étaient persuadés de sa culpabilité dans ce crime barbare, il n’aurait pas bénéficié d’une réduction de peine. Dans VSD, un des jurés confirme des doutes qui auraient bénéfi cié à l’accusé, mais « le président et ses assesseurs nous ont travaillés au corps durant les délibérés ». Résultat, la justice le condamne mais le doute plane.

Le roi du Maroc Hassan II s’empare personnellement de ce dossier et demande à Jacques Chirac, fraîchement élu en 1995, d’accorder la grâce présidentielle à son ressortissant. Le président français la lui accordera un an plus tard. Gracié, ce n’est pas innocenté. Après sept ans, deux mois et huit jours d’incarcération, Omar Raddad et ses soutiens souhaitent un procès en révision. Si des traces ADN, isolées et prélevées dans le sang ayant servi à écrire le message, disculpent l’accusé, elles n’ont pas encore permis d’éclaircir les circonstances du meurtre. « On veut protéger un secret », accusait Jacques Vergès auprès de Karl Zéro.

Un possible procès en révision

Alors qui a pu commettre ce meurtre atroce ? Un « familier pressant », comme se plaignait la défunte Ghislaine Marchal auprès de ses amis ? Qui a emporté le coupe-papier qui aurait pu servir à l’assassinat ? Les parties civiles n’ont jamais voulu rouvrir l’affaire, même après la découverte de l’ADN. Désormais, la commission d’instruction a ordonné un complément d’information, souhaitant s’appuyer sur les progrès scientifi ques pour enfi n découvrir la vérité. Un pas de plus vers l’ouverture du procès en révision.

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