Marine Brenier, le spectaculaire retournement de veste d’une députée LR devenue candidate Ensemble !

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

« Programme Macron: deux heures pour présenter un programme largement inspiré de ses concurrents et nous expliquer qu’il fera en cinq ans tout ce qu’il n’a pu faire les cinq précédentes années, avec attention, la petite astérique : « Je ne contrôle pas les crises » », le 17 mars. « Cinq années à voir le parlement malmené, son opposition jamais écoutée, tout ça pour qu’au final le président candidat intègre nos travaux à son programme de campagne », le même jour. « La réélection de Macron ne conduirait qu’à une prolongation de l’immobilisme », le 19 février, ou encore « Macron va présenter sa candidature, il ferait mieux de présenter ses excuses ». Ces prises de position hostiles au chef de l’État ne sont pas le fait d’un représentant de la Nupes, du Rassemblement National ou de Reconquête, mais bien d’une candidate aux élections législatives sous la bannière Ensemble. Marine Brenier, députée sortante élue sous l’étiquette des Républicains en 2017, dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, ne manquait pourtant pas, il y a encore quelques semaines, de critiques assez acerbes contre Emmanuel Macron. Qualifiée pour le second tour des élections législatives, ce dimanche, celle qui avait rejoint Horizons, le parti d’Édouard Philippe, au sortir de la présidentielle, multiplie pourtant les prises de position laudatrices envers son nouveau camp. Militante de droite depuis ses 19 ans, l’ancienne présidente nationale des Jeunes Républicains n’hésite désormais plus à partager, sur Twitter, les postures du maire de Nice, Christian Estrosi, félicitant le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, dont elle dénonçait il y a peu encore l’incurie en matière de sécurité.

Le combat Estrosi-Ciotti par procuration

« Marine Brenier ne peut plus dire qu’elle est de droite, elle n’en a pas le droit, en trahissant son camp, elle doit tout assumer, y compris les positions de ses nouveaux amis », réagit vivement, auprès de Valeurs actuelles, Christelle d’Intorni, la candidate LR qui affrontera la transfuge dimanche. La maire de Rimplas (Alpes-Maritimes), Ciottiste revendiquée, a créé la surprise en arrivant en tête, au premier tour, dans les villages du haut pays Niçois, y compris à Saint-Étienne de Tinée, le fief de Christian Estrosi et Marine Brenier. Cette dernière doit en effet son ascension politique au maire de Nice, qui l’avait positionnée sur son ancienne circonscription. « Cela fait partie des dommages collatéraux de la guerre Estrosi-Ciotti », analyse un élu LR du département, qui aurait préféré voir Marine Brenier porter les couleurs de son parti, et percevant la volonté d’Eric Ciotti de pousser sa candidate. « Elle n’a jamais eu de poids politique suffisant pour s’affranchir de cette tutelle », déplore le collègue de la députée, qui rappelle qu’à son élection en 2017, celle-ci siégeait dans le groupe « Les constructifs » avant de rejoindre celui des Républicains, preuve d’un « manque de colonne vertébrale idéologique », selon lui. Dans cette funeste entreprise de revirement politique, Marine Brenier peut compter sur le soutien de Nicolas Sarkozy, lui-même pas en reste, qui lui avait adressé, avant le premier tour, un message vidéo de soutien.

« Moi, je suis fidèle à mes convictions, j’assume être de droite, je ne fais pas de la politique pour remplir mon frigo comme Madame Brenier qui n’a jamais travaillé », fulmine pour sa part Christelle d’Intorni, qui se targue du soutien de nombreux élus locaux, dont celui, discret, mais acté par écrit, de la sénatrice Dominique Estrosi-Sassonne, ex épouse du maire de Nice. L’avocate niçoise, qualifiée de « candidate de la droite extrême » par sa concurrente, avait jusque-là retenu ses coups, mais se lâche dans la dernière ligne droite : « C’est à cause de politiciens comme elle que les gens ne vont plus voter et sont dégoûtés de la politique, Marine Brenier fabrique des abstentionnistes et des extrémistes », tonne celle qui vient d’enregistrer, avec Eric Ciotti, le soutien de Philippe Vardon, candidat soutenu par Reconquête éliminé au premier tour dans la 3e circonscription voisine. « Je condamne avec la plus grande fermeté l’union des droites extrêmes et l’axe Ciotti – D’Intorni – Vardon » avait ainsi réagit, sur Twitter, Marine Brenier. Christian Estrosi n’hésitant pas, pour sa part, à parler de « campagne de caniveau ». Christelle d’Intorni, vice-présidente de la métropole qu’il a privée de ses délégations, il y a quelques jours, lui avait demandé, dans une lettre publique, de remettre sa démission de la mairie de Nice. Ce jeudi, dans un interminable ping-pong voué à faire durer le suspense électoral, Christelle d’Intorni a déposé plainte contre Christian Estrosi pour diffamation, l’ayant qualifiée de « candidate qui cherchera à exclure et à stigmatiser ». Dans un match qui s’annonce serré, cette dernière peut compter sur le report de voix des candidats RN et Reconquête, tandis que sa concurrente tente de récupérer les voix du centre et de la gauche. « Je regrette son revirement et le fait d’avoir quitté sa famille politique, ça va être très serré », conclue le député LR d’Antibes Eric Pauget, qui connaitra lui-même une certaine tension, dimanche soir. Une vraie salade niçoise…

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