L’Union européenne va verser 15 milliards d’euros aux candidats à l’adhésion, dont la Turquie

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Mercredi 2 juin, la Commission européenne a annoncé un nouveau projet d’aide économique à hauteur de 15 milliards d’euros pour la période 2021-2027 destiné aux pays candidats à l’adhésion. Les bénéficiaires seraient les pays des Balkans – l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Serbie – et la Turquie. D’après les mots d’Olivier Varhelyi, commissaire chargé du projet, il s’agit d’« envoyer un signal positif, bienvenu et fort aux pays des Balkans occidentaux et à la Turquie » en finançant un plan d’investissement « essentiel pour soutenir la reprise économique de cette région prioritaire ». En clair, dans un contexte économique difficile, il s’agit de relancer ces économies pour les faire converger à ce qui se fait au sein de l’Union. Le Parlement et le Conseil européen doivent encore approuver cet accord avant que le plan ne soit exécuté.

Évidemment, c’est la présence de la Turquie dans la liste des bénéficiaires qui a fait bondir les commentateurs. Après 30 ans de candidature fortuite, son cas semble intéresser de nouveau l’Union européenne. Son adhésion est-elle pourtant envisageable ? Il n’est pas certain que sa situation économique soit la véritable barrière. Bien au contraire, le PIB turque est loin d’être ridicule, et était classé en 19ème place sur 197 pays par le Fonds monétaire international dans son classement de 2019.

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Non, les raisons qui retiennent encore la Turquie aux portes de l’Union sont toutes autres, et bien plus profondes. Avec deux fois la taille de l’Allemagne, la Turquie représenterait le troisième foyer de population européen, un foyer de 82 millions de musulmans pour qui la religion et l’État ne font qu’un. Le pays est gouverné par le très autoritaire Recep Tayyip Erdo?an qui massacre la minorité kurde à sa frontière et mène une politique expansionniste dans la région, preuve en est l’offensive azéri récente en Arménie. Vis-à-vis de l’Union européenne, il mène une politique de chantage sur la question migratoire en menaçant d’ouvrir ses frontières aux millions de migrants qui s’y entassent, et s’oppose directement à la politique européenne sur la question chypriote.

La situation intérieure est par ailleurs loin de correspondre à l’idéal progressiste et droit-de-l’hommiste de l’Union européenne. Ces cinq dernières années, après le coup d’État raté de 2016, les tensions se sont même accentuées avec des purges et emprisonnements arbitraires sur ordre du pouvoir, alors qu’Erdogan a multiplié les menaces et les insultes envers l’Allemagne, les Pays-Bas et la France. Rappelons qu’il avait publiquement questionné « la santé mentale » du président Emmanuel Macron il y a quelques mois ! […]

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