Législatives: la Nupes finit la campagne sur la défensive

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

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Le dialogue de sourds a viré au duel à mort. Cernée de toutes parts par les procès en extrémisme, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) a tenté ces derniers jours de riposter au flot des attaques. Mercredi, Jean-Luc Mélenchon a ainsi convoqué la presse pour apostropher la majorité présidentielle et réclamer un retour à un débat plus serein dans la dernière ligne droite de la campagne législative. « Je les invite tous à baisser d’un ton et à accepter d’être interpellés, accepter de répondre comme nous-mêmes nous le faisons », a déclaré le chef de file de La France insoumise (LFI). Tour à tour, les représentants des trois autres partis de la coalition (PS, EELV et PCF) ont ensuite sommé leurs adversaires de dévoiler leur programme pour la mandature à venir. Mais au même moment, Jean-Luc Mélenchon filait à RTL où il était une nouvelle fois interrogé sur ses chances d’atterrir à Matignon. « A chaque fois, c’est à moi qu’on pose la question. Demandez-leur à eux qui n’auront pas la majorité absolue ! », a-t-il répliqué. « Caricatures ». C’est le revers de la médaille du succès médiatique de la Nupes, seule en piste ou presque durant cette campagne. Lundi soir, sur le plateau du 20 heures de France 2, Jean-Luc Mélenchon a bien été obligé de constater le succès de la stratégie d’évitement de la majorité présidentielle. « Les gens ont pensé que cette campagne était insignifiante, ils ont donc réussi leur coup. Impossible d’avoir un débat sur la retraite à 65 ans, sur le travail forcé au RSA, sur leur budget caché […], impossible d’avoir un débat sur l’eau », a-t-il regretté. Car si la Nupes s’amusait jusqu’ici de boxer dans le vide, elle aura passé l’essentiel de l’entre-deux-tours à réagir aux coups de boutoir de ses adversaires et notamment à ceux d’Emmanuel Macron qui, par deux fois, a appelé au « sursaut républicain » face au « désordre » qu’impliquerait, selon lui, une victoire de la gauche et des écologistes aux législatives. Malgré les efforts menés pour interpeller l’exécutif et ses candidats, le seul débat aura donc tourné autour de propositions de la coalition. En particulier sur son programme économique. « La retraite à 60 ans, ce n’est pas la Révolution française non plus », se désole à ce sujet un élu écologiste. Sans montrer pour autant de surprise puisqu’il rappelle que les Verts « avaient eu droit à toutes les caricatures » pendant l’entre-deux-tours des élections municipales de 2020. « On nous explique à nouveau que la gauche au pouvoir ce serait le chaos. C’est n’importe quoi, quand on n’a plus que ça comme argument, c’est que les étagères de la bibliothèque sont vides. Ils ne se respectent même plus », poursuit l’élu. « Coalition burkini ». Une inquiétude pointe pourtant à quelques encablures du second tour. Et si le tir de barrage fonctionnait ? Sur le terrain, candidats et militants se rassurent et tournent en ridicule les tracts de la macronie appelant à leur faire barrage à tout prix. « On a été les plus présents, ça n’arrive jamais qu’on leur marche dessus comme ça pendant une campagne. D’autant plus qu’avec la coalition, on ne dépense plus d’énergie à contrer les autres candidats de gauche, il y a même une forme d’émulation », constate un autre élu écologiste. « Le nom de Mélenchon, c’est le sésame pendant les distributions de tracts ! Mais s’il est une excellente locomotive dans certaines circonscriptions comme celles des métropoles, ça ne suffit pas pour aller chercher des voix dans la France périphérique et rurale où la gauche sous-performe de manière très nette », tempère un responsable du PCF. Dans ces territoires bien souvent acquis de longue date au Rassemblement national (RN), l’« hystérie anti Nupes » dénoncée par Jean-Luc Mélenchon pourrait bien porter ses fruits. Le RN rivalise d’ailleurs d’imagination pour pilonner la « coalition burkini », selon l’expression de Marine Le Pen. « Les macronistes n’ont pas peur de notre programme, ce sont les mêmes qui, comme Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, parlaient pendant la campagne présidentielle du programme “solide et cohérent” de Jean-Luc Mélenchon. Ils font cela parce qu’ils savent qu’on peut gagner », assure le cadre communiste. Les stratèges de LFI l’avaient anticipé : ceux qui parviendront le mieux à rassembler leur camp remporteront le scrutin. La Nupes y est largement parvenue dimanche dernier, la majorité présidentielle vise désormais l’union sacrée contre l’épouvantail Mélenchon. « Le chaos, c’est Macron », espèrent convaincre les candidats de la gauche et des écologistes. Un slogan qui résume bien l’état d’esprit de cette ultime bataille.

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