Législatives : Caroline Mécary, l’avocate pro-LGBT qui veut conquérir Paris

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Lorsqu’on interroge Caroline Mécary sur le pourquoi du comment de son engagement politique, la ténor du barreau fait dans le pragmatisme. « Je me suis engagée parce que le parlement de l’Union populaire m’a sollicitée en janvier 2022. J’ai réfléchi 24 heures, puis j’ai foncé ». Clair, net, concis. Une réponse à son image. Depuis une décennie, la médiatique avocate au phrasé fougueux écume les plateaux télé. Des apparitions cathodiques plus ou moins couronnées de succès. « Je n’ai pas toujours été bonne », confesse-t-elle à demi-mot.  Qu’importe. Ses talents de bretteuse lui ont permis de mettre en lumière son cheval de bataille: la défense des droits des homosexuels. Le combat de sa vie. Mariage gay, PMA, GPA… Elle a été de toutes les luttes progressistes. Dès 2004, après quatre longues années de procédures, elle remporte une victoire judiciaire pour un couple de mères qui revendiquaient des droits parentaux égaux sur les trois enfants qu’elles élevaient. En 2022, son éventail de combats politiques s’élargit. Son mantra pour ces élections à la députation ? « Mettre fin à la politique néolibérale et autoritaire du président Macron. Et au déni de la réalité, du changement climatique en particulier. »

Petit retour en arrière de quelques jours. En ce soir de juin 2022, dans un bar du douzième arrondissement qui lui sert de QG, aux alentours de 22 heures, Caroline Mécary, tout sourire, sait qu’elle a réussi son coup. La candidate de la Nupes, la nouvelle coalition de la gauche, est arrivée en tête du premier tour de la septième circonscription de Paris (40,43% des voix). Elle a devancé de presque cinq points son premier poursuivant, le candidat de la majorité Clément Beaune (35,81%), au premier tour des législatives. Dans cette 7ème circonscription de Paris (IVème, XIème et XIIème arrondissements de la capitale), terre historique de la gauche, la tâche se révélait pourtant loin d’être aisée : le candidat LREM Pacôme Rupin y avait réalisé un score de 43% au premier tour de 2017. Alors, c’est peu dire que le score de l’avocate a des allures de victoire. Mais Mécary a le triomphe modeste. « J’affrontais le chouchou du président de la République. Je faisais plus face à l’Elysée qu’autre chose : c’était un peu David contre Goliath. Mais mon engagement n’est pas carriériste, il est auprès des jeunes. » De quels sujets veulent-ils parler, ces jeunes ? » Ils souhaitent que leurs dirigeants en main les thématiques du climat, de la justice fiscale, la lutte contre les inégalités… Ils sont les premières victimes de la politique néolibérale du gouvernement. » La marche en avant de Caroline Mécary paraît irrésistible. Qui aurait parié un kopeck sur elle il y a encore quelques semaines ? Ils se comptent sur le doigt d’une main.

Boules puantes et attaques ad hominem

Interrogée sur la majorité, Mécary ne lésine pas sur les épithètes. Son adversaire, Clément Beaune ? «  Un pantin qui, en cas de défit, ira pantoufler dans une grande entreprise. » La tactique adoptée par Ensemble, visant à diaboliser le programme de la Nupes durant l’entre-deux tours ? « Une rhétorique proche de celle de la droite en 1981, qui prévoyait l’arrivée des chars russes sur les Champs-Elysées en cas d’élection de François Mitterrand. » Les accusations de complaisance avec l’antisémitisme, symbolisée par le soutien de l’ex-leader du parti Travailliste britannique Jeremy Corbin à Danielle Simonnet et Danièle Obono avant le 1er tour ? « Une volonté d’instrumentaliser l’antisémitisme, qui touche dans leur chair de nombreux juifs français ». Caroline Mécary a réponse à tout. On ne s’invente pas avocate.

On le sait, un candidat cache souvent une part d’ombre. La semaine dernière, Le JDD exhumait les quelque déboires judiciaires de Mécary. Au début des années 2000, elle forme avec Yann Streiff un duo inséparable. Les deux avocats sont chargés de la défense de deux héritiers français de la peintre américaine Joan Mitchell. A quelques jours de la transaction finale, Me Mécary et son acolyte font ajouter un avenant à sa convention d’honoraires. Avenant qui leur octroie l’attribution de 46 peintures en guise de rétribution. En 2007, les honoraires sont finalement jugés abusifs et plafonnés à 500 000 euros. Les avocats sont sommés de rétrocéder lesdits tableaux. Autre litige, quelques années plus tard. En 2010, à l’occasion des élections au bâtonnat de Paris, Caroline Mécary envoie un mail à l’ensemble des 22 000 avocats parisiens pour appeler à faire battre l’un des deux. Une immixtion dans le sort du scrutin qui fait tache : la tradition veut que seuls les candidats qualifiés pour le second tour soient autorisés à envoyer des mails aux autres avocats durant l’entre-deux tours. Convoquée quelques jours plus tard devant le conseil de discipline du Conseil de l’ordre, Mécary n’écope que d’un avertissement.

Car derrière ce sourire et cette bonhommie de façade se cache parfois une certaine forme de sectarisme mondain. On l’a dit : l’égalité entre les sexes représente le combat de sa vie d’avocate.  Et qui combat d’une vie dit souvent excès de zèle. Au début des années 2010, en plein débat sur le mariage gay, elle multiplie les sorties qui flirtent avec la diffamation. En campagne, tous les coups sont permis. Alors la macronie utilise ces vieilles « casseroles »pour tenter de la disqualifier « Ce sont des boules puantes, des attaques ad hominem exhumées par la majorité présidentielle pour me discréditer. »  Loin de faire acte de contrition, Mécary assume ses anciens propos : « Quand je traite Angel Merkel d’homophobe en 2012 sur Twitter car elle ne veut pas promulguer une loi sur le mariage pour tous, ça ne va pas bien loin. Le mot fait partie de la langue française. D’ailleurs, elle n’a porté plainte contre moi », sourit-elle. Autre affaire, plus récente cette fois-ci. Le 21 avril 2018, Caroline Mécary, publie un virulent message sur Twitter. « Et hop hop hop 1 PAPC pour diffamation publique, vous allez moins rire avec votre propagande qui ne masque même pas votre silence abyssal sur les enfants placés en rétention ou victimes de prêtres pédophiles, quand ce n’est pas un inceste au sein de vos familles (1 sur 10). » Le tweet choque de nombreux internautes, indignés de la véhémence de l’attaque. Devant la violence de l’accusation, la Manif Pour Tous porte plainte contre l’avocate pour injure et diffamation publiques. En 2019, la justice donne raison à Caroline Mécary et la banchit. La candidate de la Nupes aime à le rappeler : tout au long de ses procédures, elle n’a « jamais été condamnée. » Un casier immaculé qui vaut bien une petite camomille ?

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