Le gouvernement Borne percuté par la déroute

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C’est ce qu’on appelle littéralement une claque pour la macronie, dont le gouvernement Borne a naturellement fait les frais. La Première ministre a été élue dans le Calvados mais les quinze membres du gouvernement à s’être lancés dans la bataille des législatives n’en sont pas tous sortis indemnes. Plusieurs poids lourds du gouvernement vont devoir le quitter. Nommée ministre de la Santé il y a un mois, Brigitte Bourguignon a été battue de très peu – 56 voix d’écart seulement – dans le Pas-de-Calais, voyant cette circonscription qu’elle avait gagnée en 2012 conquise par le RN. Promue ministre de la Transition écologique et visage du macronisme, Amélie de Montchalin (46,3%) a été largement battue dans l’Essonne par le candidat de la Nupes, Jérôme Guedj (53,7%). La députée Modem Justine Bénin, qui jouait sa réélection en Guadeloupe doit aussi quitter le gouvernement, dans lequel elle occupait le poste de ministre déléguée à la Mer. La règle était claire depuis le début, ceux qui perdaient les législatives perdaient aussi leur portefeuille. En ce dimanche de débâcle pour le pouvoir, plusieurs ministres sont, malgré tout, sortis victorieux : Damien Abad dans l’Ain, Gabriel Attal dans les Hauts-de-Seine, Gérald Darmanin dans le Nord, Franck Riester en Seine-et-Marne, Marc Fesneau dans le Loir-et-Cher. Certains font même des bonnes performances : le ministre du Travail, Olivier Dussopt (58,8%) dans l’Ardèche et celui des Relations avec le Parlement, Olivier Véran, dans l’Isère (57,7%), qui étaient tous les deux sortants. Marasme. Dans ce second tour qui aura coupé la tête à nombre de figures de la macronie, à commencer par le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand (Finistère) et le président du groupe LREM à l’Assemblée Christophe Castaner (Alpes de Haute Provence), Elisabeth Borne a réussi à échapper à ce vent très fort qui a soufflé contre le Président. La Première ministre décroche son premier mandat, après 35 années à évoluer dans le milieu politique, avec 52,3% des voix face au candidat de la Nupes, Noé Gauchard. « Elle a passé beaucoup de temps dans sa circonscription tout en tenant Matignon. Elle a fait le job. Personne ne lui reprochera son manque de légitimité », avançait la semaine dernière un conseiller de l’exécutif. « Elle s’est politisée ces dernières semaines même si elle ne s’est engagée que localement », observait un autre. Mais que vaut désormais sa victoire au milieu du marasme ? Vu l’ampleur des dégâts pour Emmanuel Macron, la question de son maintien à Matignon va inévitablement se poser. Elle porte désormais le poids de cet échec. Les anciens ministres font eux aussi les frais de cette déroute. Certains s’en sortent, comme Brigitte Klinkert, qui gagne de peu avec 50,2% des voix dans le Haut-Rhin, la MoDem Geneviève Darrieussecq, réélue dans les Landes, Joël Giraud, réélu dans les Hautes-Alpes, la MoDem Sarah El Hairy en Loire-Atlantique ou encore Barbara Pompili dans la Somme. D’autres membres des gouvernements Borne et Castex ne siégeront pas à l’Assemblée nationale, comme Roxana Maracineanu, battue dans le Val-de-Marne par la Nupes face à la femme de chambre Rachel Kéké, Berangère Abba, membre d’Horizons, parti d’Edouard Philippe, battue par le RN en Haute-Marne, l’ancien monsieur Retraites, Laurent Pietrazewski, défait par la Nupes dans le Nord. D’autres anciens ministres avaient déjà payé cet antimacronisme qui s’est exprimé dimanche soir. L’ancien ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, comme celle du Logement Emmanuelle Wargon, avaient été éliminés dès le premier tour. Un remaniement devrait intervenir dans les jours à venir. Mais Emmanuel Macron n’avait sans doute pas anticipé le nombre de ministres à remplacer. Il s’agira pour le Président de procéder à un remaniement très profond de l’éphémère gouvernement Borne. Un pot devait être prévu à Matignon lundi ou mardi avec les parlementaires de la majorité. Mais c’était avant la déroute de dimanche soir. L’invitation sera-t-elle maintenue ?

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