Le cas Bouhafs réveille déjà les rancunes insoumis-communistes

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A peine trois jours après la convention qui a sonné le lancement de sa campagne pour les législatives, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes, formée par LFI, EELV, le PC et le PS) connaît déjà ses premiers remous. Les esprits s’échauffent pour savoir qui représentera l’alliance dans la 14e circonscription du Rhône, qui comprend notamment la commune de Vénissieux. Le siège semble acquis pour la gauche dans cette banlieue populaire de Lyon. Le journaliste militant Taha Bouhafs, déjà candidat en 2017 dans son Isère natale, y avait été investi par La France insoumise, au grand dam de la maire communiste Michèle Picard qui dénonce depuis bientôt une semaine la venue sur ses terres d’un « candidat parachuté ». Sans succès, puisque la circonscription a bien été attribuée à LFI dans l’accord conclu avec le PCF. Lundi sur France 2, son secrétaire national Fabien Roussel a pourtant remis le couvert en demandant au mouvement de Jean-Luc Mélenchon de « revoir » sa copie. Non seulement parce que l’ex-candidat à la présidentielle dit comprendre « parfaitement la colère et la candidature de Michèle Picard », mais aussi en raison de la personnalité de Taha Bouhafs. Régulièrement impliqué dans de violentes polémiques sur les réseaux sociaux où il est très actif, le journaliste a surtout été condamné l’année dernière en première instance pour « injure publique en raison de l’origine », en l’occurrence à l’encontre de la syndicaliste policière Linda Kebbab qu’il a qualifiée « d’Arabe de service ». Si Taha Bouhafs a fait appel de cette décision, son investiture n’est pas passée chez les communistes. Ils jugent cette désignation « contradictoire » avec le programme de la coalition. Roussel a aussi fait de la laïcité et de l’anti-communautarisme l’un de ses principaux clivages avec Mélenchon pendant la présidentielle. Réconfort. « Je ne comprends pas que La France insoumise puisse présenter quelqu’un, sous ses couleurs, qui a été condamné en première instance pour injure raciale », a-t-il ainsi critiqué. Cette pression semble avoir eu raison des ambitions du jeune homme. Il a annoncé mardi qu’il jetait l’éponge, après avoir fait l’objet de calomnies, d’insultes et même de menaces de mort. L’heure est depuis à l’autoflagellation chez certains responsables de gauche qui s’accusent de n’avoir pas su protéger l’éphémère candidat. « Une meute s’est acharnée contre lui. A 25 ans c’est lourd de vivre avec des menaces de mort et des mises en cause publiques quotidiennes. Je m’en veux de ne pas avoir su le réconforter autant que nécessaire », a notamment réagi Jean-Luc Mélenchon. Tollé. Ce renoncement a également ravivé colère de certains insoumis contre Fabien Roussel, accusé en coulisses d’avoir « eu la peau » du candidat, voire de verser de l’eau au moulin d’une fachosphère particulièrement remontée contre Taha Bouhafs. « Ces attaques ne sont pas légitimes, ceux qui nous critiquent sont les mêmes qui nous ont critiqués tout au long de la campagne présidentielle », démine Léon Deffontaines, secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France et porte-parole du dirigeant du PCF. « C’est un combat, même après que l’accord a été passé. J’ai été assez agacé, pour rester poli, de voir certains dire que Fabien Roussel serait d’extrême droite ou raciste. Qu’il y ait un tollé chaque fois qu’une autre voix que celle portée par les cadres de LFI s’exprime est un problème pour le rassemblement », poursuit-il. Pour autant, les communistes assurent que la coalition n’est pas remise en cause par ce bras de fer à Vénissieux. Le parti assure d’ailleurs réfléchir avec les autres forces à un cadre commun pour éviter des candidats aux postures jugées « contradictoires » avec « le beau projet de la Nupes », ajoute Léon Deffontaines. Mais l’affaire semble se transformer en casus belli pour les responsables du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Pas question, notamment, d’accéder aux revendications communistes à Vénissieux après le retrait de Taha Bouhafs. « Bien évidemment, c’est La France insoumise qui choisira sa candidature sur cette circonscription et personne d’autre », a prévenu mardi sur Twitter le député européen Manuel Bompard, organisateur de la campagne de LFI pour les législatives. L’issue de cet épisode donnera une bonne idée de la cohésion interne de la Nupes. Ou, au contraire, de sa propension à tanguer à la première vague.

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