La SNCF se prépare à un été de feu

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

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Impossible de trouver des billets de train vers l’axe Atlantique, le sud-ouest et la Méditerranée pour cet été, trains pleins, hors de prix… La complainte du voyageur déçu se répand sur les réseaux sociaux. La SNCF modère. Il reste bien quelques places à prendre. Mais elle affirme aussi que ce sera « l’été de tous les records ». « Nous avons déjà vendu 6,5 millions de billets juillet et août. Une hausse de 50 % par rapport à la même période de 2021, qui était encore marquée par les incertitudes de la Covid. De façon plus spectaculaire, les ventes sont en progression sur les TGV de 10 % par rapport à la dernière année normale, 2019 », explique Alain Krakovitch, le patron des TGV et des Intercités. La hausse est de 20 % sur les TER. La SNCF constate que les clients ont pris le pli de l’anticipation – en partie grâce à l’assouplissement des politiques d’échange des billets issu de la pandémie, qui lève un frein à l’achat. Les clients achètent, même dans le doute de leur organisation. Pas d’explosion des échanges pour autant : environ 15 % des billets Inoui en faisaient l’objet ce printemps. Pour ce qui est des Ouigo, dont les billets low cost ne sont normalement pas échangeables, la SNCF a imaginé, avec une start-up, une de liste d’attente pour les clients prêts à la souplesse. Ils peuvent être prévenus, quelques heures avant le départ, qu’une place est remise en vente par un autre client sur la destination qu’ils convoitent. Le client initial, lui, est remboursé à 80 %. Cela évite les places payées peu chères mais qui restent vides. Rattrapage. La SNCF met cet afflux de voyageurs sur le compte de trois phénomènes : d’abord, un rattrapage des voyages de loisirs pas effectués au cours des deux dernières années, pour cause d’alerte sanitaire. Ce qu’Alain Krakovitch appelle le « revenge travel». Ensuite, un plébiscite des vacances en France ; enfin, un arbitrage économique. Le prix du carburant rend le train compétitif, pour des gens qui ne composent pas des voitures pleines. Et cela, malgré la hausse « ressentie » des tarifs, que l’Insee chiffre entre janvier et avril de cette année, à 15,3 %. La SNCF s’en défend. « L’Insee prend en compte les prix affichés. Si on s’en tient aux prix payés, c’est-à-dire souvent réduits par une carte, ou un achat précoce, le prix moyen est en baisse de 7%. » Selon la SNCF, l’offre est revenue, en volume, aux niveaux d’avant crise Covid. S’il est théoriquement possible de rajouter des trains, la SNCF manque de matériel pour le faire. « C’est le résultat de la situation floue des derniers mois, explique Arnaud Aymé, spécialiste des transports au cabinet Sia Partners. Pour des raisons de trésorerie, la SNCF, comme d’autres opérateurs, n’a pas beaucoup mis la pression à ses fournisseurs de nouvelles rames. Il y a, sur certaines, des chantiers en retard pour cause de soudures à refaire. » C’est aussi le cas pour les rames en réfection, l’opérateur ayant été moins pressant que d’ordinaire. Des questions restent ouvertes pour la rentrée. Car la clientèle d’affaires, qui remplit les TGV les soirs et les matins le reste de l’année, et qui est très rentable car consommatrice de services, revient plus doucement. « On est 10 % en dessous des volumes pré-Covid, commente Alain Krakovitch, c’était encore 70 % en dessous en janvier. » La suite dépendra des habitudes prises avec les téléconférences, mais aussi des politiques RSE des entreprises. Si les voyages reprennent, avec l’objectif de faire baisser la facture carbone, le train pourrait bénéficier des reports modaux de l’avion et de la voiture.

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