La philosophe Manon Garcia s’engage pour une “culture érotique égalitaire”

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

« Celui qui promettra à l’humanité de la délivrer de l’embarrassante sujétion sexuelle, quelque sottise qu’il choisisse de dire, sera considéré comme un héros. » Freud


Il faut, dit-on, de tout pour faire un monde. Ce qui est vrai du monde en général l’est également du monde dit universitaire. Notre époque permet de confirmer que le « grand n’importe quoi » peut faire partie de ce tout. Le « grand n’importe quoi » du monde universitaire pullule dans les sciences sociales et humaines. Prions pour qu’il n’en reste rien. Dans dix ans, cinquante ans, cent ans, espérons que les habitants de notre pays, tombant par hasard sur les thèses des philosophes ou sociologues militants et déconstructivistes, se bidonneront dès les premières pages de ces sommets de la bêtise. Dans les caves de l’université Paris 8, par exemple, ils trouveront des cartons emplis de milliers de pages de « grand n’importe quoi », les thèses issues du Laboratoire d’Études de Genre et de Sexualité, jamais lues par personne, enfouies au plus profond des sous-sols de l’université pour cause de rayonnement idiotactif. Un beau jour, ils apprendront qu’il a existé une « philosophe féministe » nommée Manon Garcia. Le soir, à la veillée, et pour la plus grande joie des petits et des grands, ils liront, morts de rire, les meilleurs passages de ses livres et de ses entretiens donnés à L’Obs (10 oct. 2021), au Monde (12 oct.), à Guillaume Erner sur France Culture (6 oct.) ou à Laure Adler sur France Inter (11 oct. 2021).

Le genre, une philosophie de vie

Agrégée de philosophie, Manon Garcia a passé sa thèse de doctorat sous la direction de Sandra Laugier, philosophe, chroniqueuse à Libération, responsable du pôle “forum des idées” de Benoît Hamon lors de la dernière présidentielle, adepte de la théorie du genre, spécialiste des séries télévisées. Il n’y a pas de hasard. Il y a quelques mois, au micro de Victoire Tuaillon (animatrice du joyeux podcast émasculateur intitulé Les couilles sur la table), la philosophe déclarait : « Je pense que j’aurais pas continué la philo si je n’avais pas découvert la philosophie féministe, parce que moi ce qui m’intéresse dans la philo c’est comment ça parle de la vie et que sans le féminisme la philo ça parle pas de la vie. » Agrégée de philosophie, donc. Notre philosophe féministe, qui exerce aux États-Unis, tient à divulguer le “concept de consentement”, en vérité un pseudo-concept récupéré dans les thèses féministes radicales américaines. Manon Garcia veut catéchiser les femmes françaises, trop insouciantes à son goût. Son dernier livre, La conversation des sexes, est la suite de On ne naît pas soumise, on le devient, autre ouvrage dispensable dont la conclusion était : « Il y a un problème politique du consentement dans le contexte d’une société patriarcale comme la nôtre et c’est ce problème surtout que nous aide à penser le concept de soumission. » Mais, disait-elle aussi lors d’un colloque organisé par l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne, « je ne suis pas sûre que la femme dans son harem ait tellement moins de liberté que la catholique versaillaise, en fait ». Ah ! ces philosophes féministes, pas toujours faciles à suivre… (mais les choses vont s’éclaircir à la fin de cet article).

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« C’est une erreur de considérer que la philosophie morale doive s’arrêter au seuil de la chambre à coucher, comme le voudrait une idée héritée de la pensée libérale selon laquelle ce qui se passe dans la sphère privée ne regarde personne », dit-elle dans L’Obs, selon un principe totalitaire immuable : sous surveillance, la sphère privée – et, surtout, la chambre à coucher – ne doit pas échapper à la loupe idéologique. Le totalitaire aime regarder par le trou de la serrure et décider, comme dans 1984, de ce qui relève du crimesex ou du biensex. Les murs qui protègent le privé du public, l’intime du collectif, le dedans du dehors, doivent être abattus. « Derrière ces interactions entre individus » (traduction de cette novlangue : un homme et une femme qui s’apprêtent à copuler), Manon Garcia voit, dit-elle à Guillaume Erner, « une structure sociale inégalitaire ». Elle préconise « des rapports intimes et érotiques égalitaires ». Et pourquoi pas des instincts sexuels démocratiques, tant qu’on y est.

« La culture de l’érotisation égalitaire » doit s’apprendre en s’appuyant sur des séries comme Grey’s Anatomy ou Sex Education, recommande-t-elle, conseillant ainsi le même épuisant travail intellectuel que celui de sa directrice de thèse, Sandra laugier, philosophe téléphage devenue, d’après son éditeur, une « pionnière en philosophie de l’étude des séries » (c’est moins barbant que l’étude de Kant et on peut bosser affalée sur son canapé en s’empiffrant de cacahuètes).

La sexualité menottée

Rien ne doit échapper aux nouveaux Gardiens du Temple progressiste. Surtout pas la sexualité. On ne badine plus avec la libido. Le jeu, la complicité, l’obscurité, le trouble, l’inconnu, doivent disparaître. La drague, élégante ou hasardeuse, triomphale ou timide, doit être remplacée par le seul cadre rigide et « égalitaire » du consentement éclairé en trois exemplaires. L’égalitarisme jusque dans l’alcôve doit brider « la merveilleuse confrontation comique et dialectique d’Éros et de Thanatos » (Muray), et faire advenir un nouveau monde dans lequel les élans sexuels « égalitaires » seront aussi torrides qu’un hiver dans le désert de Gobi : « On a pu se demander si consentir, c’est ne pas dire non, ou bien si c’est dire oui, sauf qu’en fait, ce que je veux montrer, c’est que c’est beaucoup plus compliqué : accepter un rapport sexuel, cela demande une analyse philosophique précise, appuyée sur des cas particuliers que l’on analyse en détail. » J’ai dit le désert de Gobi ; j’aurais pu dire la Sibérie orientale.

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Manon Garcia soutient également des amies universitaires qui ont l’air aussi brillantes qu’elle. « Un grand colloque en perspective ! », twitte-t-elle ainsi pour faire la publicité d’un séminaire universitaire et “intersectionnel” intitulé « Pour une histoire féministe et décoloniale de la philosophie » (https://www.univ-montp3.fr/fr/evenements/colloque-pour-une-histoire-féministe-et-décoloniale-de-la-philosophie).

La première session, titrée « Les hommes peuvent-ils (vraiment) philosopher ? », promet « d’ouvrir un espace de débat au sujet des principes et méthodes alternatives à mettre en œuvre dans une recherche et un enseignement de la philosophie enfin décolonisés et démasculinisés ». Voilà qui est plus clair, on sait où on va. Il n’est plus question d’arpenter les nombreux couloirs de la Bibliothèque pour rechercher les trésors intellectuels et artistiques mais de “déconstruire” ces derniers, c’est-à-dire les détruire. Pour réaliser ce besogneux et salissant travail de démolition, nul besoin d’intelligence : quelques livres médiocres et de calamiteux colloques entre Amis de l’Effondrement suffisent largement à la tâche.

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