Italie: favorite des législatives, la coalition des droites affiche déjà ses divergences

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Une défaite de la droite aux élections législatives semble aujourd’hui inimaginable. Mais la certitude de la victoire peut vite devenir source de tensions entre alliés. Sur leur bulletin de vote, le 25 septembre, les Italiens pourront choisir, au sein de la coalition des droites, entre les listes de Frères d’Italie (en tête dans les sondages), de la Ligue et de Forza Italia. D’où une concurrence certaine. Si la loi électorale, qui conjugue scrutin uninominal à un tour et proportionnelle, pousse à faire alliance, elle n’élude en effet pas la question des rapports de force à l’intérieur des coalitions et permettra de définir l’identité du futur président du Conseil — en théorie le leader du premier parti de la coalition — ainsi que la répartition des ministères de poids. Actuellement, les journaux italiens sont remplis de déclarations — parfois anonymes —, trahissant l’existence de négociations acharnées sur la configuration du prochain gouvernement : Matteo Salvini (Ligue) parle en privé et en public de sa volonté de retourner au ministère de l’Intérieur, Giorgia Meloni (Frères d’Italie) laisse filtrer que cela constituerait un problème et qu’il serait préférable de confier les ministères régaliens à des personnalités moins clivantes, alors que Silvio Berlusconi (Forza Italia) répète que le président du Conseil ne sera pas forcément le leader du premier parti de la coalition. « Il n’est jamais bon signe de commencer à discuter de la répartition des postes avant des élections beaucoup plus incertaines qu’on ne le croit. On n’a pas gagné, il n’est pas malin de donner cette impression aux électeurs » note un parlementaire de la Ligue. « Modération ». Les rivalités personnelles, évidentes au vu des rapports très froids entre les trois leaders, sont, en outre, exacerbées par des plateformes programmatiques difficilement conciliables. Sur la politique étrangère, la fiscalité, la gestion de l’immigration, les agendas sont différents. La divergence la plus marquante porte probablement sur l’international : depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, Giorgia Meloni a condamné Vladimir Poutine, soutenu les efforts du gouvernement de Mario Draghi — tout en étant à l’opposition —, et assumé une position pro-Otan. Matteo Salvini et Silvio Berlusconi entretiennent, en revanche, des rapports beaucoup plus ambigus avec la Russie : ils ont acté à plusieurs reprises leur différence avec la ligne atlantiste du Premier ministre, demandant de ne pas livrer d’armes à Kiev et de négocier avec Moscou. Sur la politique fiscale, les positions ne sont guère plus proches : Matteo Salvini a fait d’une flat tax à 15 % jusqu’à 100 000 euros bruts de revenus un de ses chevaux de bataille alors que Giorgia Meloni considère cette disposition trop onéreuse. Les droits civils divisent aussi la coalition : si Berlusconi est plus modéré, ses deux alter ego ont adopté des positions très conservatrices. Autre point d’achoppement, Matteo Salvini, qui dirige un parti autonomiste enraciné dans le Nord, demande plus des pouvoirs pour les régions, au contraire de Giorgia Meloni qui veut renforcer les prérogatives du gouvernement central. Face à ces divisions, la leader des Frères d’Italie a demandé à ses alliés une certaine « modération » dans leurs propositions. « Il faut être réalistes. Si on promet la flat tax et la baisse de l’âge de départ à la retraite, les gens vont s’attendre à voir cela dans le budget de cette année. » Un message que Silvio Berlusconi n’a pas totalement entendu. Le patron de Forza Italia vient de proposer une retraite universelle à 1 000 euros…

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