Au Japon, on n’a pas d’électricité, mais on a des idées pour réduire la consommation d'énergie

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Juste avant le tsunami du 11 mars 2011, qui a conduit à l’accident de la centrale de Fukushima Dai-ichi, le nucléaire fournissait environ 30 % de la production d’électricité au Japon, ce qui permettait au pays de consommer avec une certaine insouciance. A côté de Tokyo, Paris, la Ville lumière faisait pâle figure tant la capitale japonaise était illuminée jusque très tard dans la nuit. La catastrophe nucléaire a obligé les Japonais à reconsidérer leurs habitudes La quasi-totalité du parc nucléaire a été arrêtée et, malgré l’utilisation de centrales thermiques classiques, il a fallu faire des efforts pour compenser la baisse de production et éviter que le Japon ne devienne un gros émetteur de gaz à effet de serre avec l’augmentation de l’usage des centrales classiques. Les économies d’électricité sont donc devenues le mot d’ordre à travers l’expression « setsuden », leitmotiv des autorités et de la population. Dans un pays où la discipline collective est une vertu, les résultats ont été particulièrement notables. « Maintien au chaud ». En l’espace d’une décennie, la consommation et la production d’électricité ont considérablement été transformées. Une réduction substantielle de la consommation d’électricité a été rendue possible par les progrès en termes d’efficacité énergétique et les efforts de conservation. Le gain réalisé a atteint 246 térawattheures (TWh), soit -145 TWh de réduction de la consommation réelle et -101 TWh de consommation évitée. De gros efforts ont aussi été consentis pour le développement des énergies renouvelables même si, dans ce domaine, il reste encore beaucoup à faire. En dépit de tous ces efforts, le gouvernement japonais appelle de nouveau la population à réduire son usage de l’électricité afin de répondre à la fois aux difficultés d’approvisionnement en énergie liées à la guerre en Ukraine et à une augmentation prévisible de la consommation en cette période estivale qui s’annonce chaude. Le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) vient ainsi d’édicter plusieurs dispositions pour favoriser les économies d’électricité. Parmi elles, le Meti recommande de régler les climatiseurs à 28° C pendant les mois d’été où le mercure peut allègrement dépasser les 40° C, de désactiver la fonction « maintien au chaud » des autocuiseurs de riz et d’ouvrir et de refermer « rapidement » les réfrigérateurs. Ces mesures simples accompagnent le lancement d’une campagne nationale de « setsuden », la première de ce type depuis 2015, à un moment où l’Agence nationale de météorologie a prévenu que l’est et le nord du Japon pourraient être soumis à des températures supérieures à la normale au cours des deux prochains mois. Les autorités ont bon espoir que les Japonais suivent ces règles — comme ils l’ont fait par le passé — même si certains estiment aujourd’hui que les plus jeunes générations sont moins enclines à respecter les mesures collectives que leurs aînés. Coupures. De son côté, la métropole de Tokyo a aussi lancé une campagne baptisée HTT (réduire, créer, stocker en japonais) dans laquelle elle invite les habitants de la capitale à débrancher leurs appareils gourmands en électricité, à regarder une heure de moins de télévision par jour et à désactiver la fonction chauffage de leurs toilettes. L’ensemble de ces dispositions seront effectives du 1er juillet au 30 septembre avec pour objectif d’éviter une rupture de l’approvisionnement électrique. Selon le Meti, le taux de réserve d’énergie — qui mesure la capacité d’énergie de réserve — doit être de 3 % pour que l’approvisionnement soit considéré comme stable. Cet été, selon les prévisions les plus pessimistes, ce chiffre devrait atteindre 3,1 % dans les régions de Tokyo, du Tohoku, le nord-est du Japon, et du Chubu, le centre du pays. Outre les difficultés d’accès aux matières premières énergétiques, le gouvernement met aussi en avant la nécessité de réduire le recours aux centrales thermiques dans un souci de respect des objectifs d’émissions de gaz à effet de serre. D’après la NHK, la chaîne publique de télévision, les centrales thermiques ont diminué leur capacité de 16 millions de kilowatts heure au cours des cinq dernières années, soit suffisamment pour alimenter environ 5,4 millions de foyers standards. Par ailleurs, le projet de construction de treize nouvelles centrales thermiques, qui auraient, au total, produit environ 10 millions de kWh, a été abandonné. Reste que toutes les mesures d’économies ne suffiront pas à éviter des coupures électriques, en particulier l’hiver prochain quand la demande en chauffage augmentera. Une étude prévoit qu’environ 1,1 million de foyers à Tokyo risquent d’en subir. Le taux de réserve d’énergie devrait alors tomber à moins 0,6 % dans la capitale.

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