Antonio Gramsci, réquisition générale

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

« Il est temps d’appliquer les leçons de Gramsci », déclarait en 2018 Marion Maréchal, dans un entretien à Valeurs Actuelles, selon un étonnant raisonnement circulaire qui consistait à dire que pour ne pas céder à la domination de la gauche il fallait appliquer les leçons d’un penseur de… gauche. C’est que, de gauche, Gramsci l’est de toutes ses fibres !

Né en Sardaigne en 1891, il figure l’archétype du penseur militant : membre fondateur du parti communiste italien, dont il fut le secrétaire jusqu’à son emprisonnement dans les geôles fascistes en 1926 où il croupit onze années avant de mourir en 1937, Gramsci n’est pas un philosophe qui s’intéresse à la politique, c’est un philosophe du politique et même un politique qui arme la philosophie à cette seule fin, un de ceux qui, dans la lignée de Machiavel, son plus grand inspirateur après Marx, considèrent que toute pensée commande l’action et que seule l’action est juge de la vérité ; action hors de laquelle aucun grand principe ne peut exister ni ne vaut une seconde de peine. Autrement dit, Gramsci est marxiste, le monde ne doit pas être contemplé et interprété à la façon des Grecs anciens ou des médiévaux mais transformé selon cette formule qu’on lui prête mais qu’il emprunte à Romain Rolland : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ».

Gramsci est le père des « cultural studies », ancêtres des maléfiques « gender studies » qui à présent dévorent l’université et tentent de plier le réel

Il invente cependant une nouvelle façon de conduire la lutte selon la distinction qu’il opère entre la « guerre de mouvement », propice aux révolutions, et la « guerre de position » seul moyen pour le prolétariat de l’emporter dans une société capitaliste où le consentement à sa domination prend le pas sur la coercition. Grignoter le terrain du consentement, voilà la fameuse métapolitique qu’il est de bon ton de citer aujourd’hui – sans qu’on en comprenne les implications métaphysiques et morales profondes et délétères – et qui, en effet, a connu une pérennité effrayante, offrant la victoire à la gauche sociétale puisqu’on considère à juste titre Gramsci comme le père des « cultural studies », ancêtres des maléfiques « gender studies » qui à présent dévorent l’université et tentent de plier le réel pour en détruire toutes les anciennes représentations au nom du monde qui vient – la vraie formule du progressisme. […]

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