Allongement du congé de paternité : le postmodernisme pris à son propre piège

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Une fois de plus, le gouvernement prend de court, avec l’annonce médiatisée de « l’allongement du congé de paternité ». Comme le congé de maternité, il sera rendu en partie obligatoire. Les Français expriment leur contentement. Un esprit moqueur dirait : de quoi je me mêle ? On aurait tort de prendre l’affaire à la légère. Comme la loi de bioéthique s’apprête, en même temps, à priver de son père un enfant, on ne peut s’empêcher de chercher, pour reprendre Pascal, « l’idée de derrière » de cet allongement du congé de paternité.

De quel « père » parle-t-on ? Si c’est du mâle hétérosexuel qui a engendré l’enfant, pourquoi faire venir, au journal télévisé, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik pour cette annonce ? Tout simplement pour préparer l’opinion, dans un climat d’amour, à la réforme du code de la famille : la nouvelle filiation, fruit mûr de « cette révolution de velours » que sont les nouvelles familles. L’idéologie est serrée.

Ainsi se mettent en place « les nouvelles familles » dans leur intimité. Et cela émeut les chaumières. Le procédé est simple : on donne à voir, on légifère ensuite. On connaît la logique d’un discours idéologique appelé fenêtre d’Overton

Rappelons-nous l’ouverture, en septembre dernier, de la Commission de la loi bioéthique à l’Assemblée. Puisque Mesdames Belloubet et Buzyn, suscitant un rire, dont elles n’avaient cure et dont elles ont ri les premières, peut être une grand-mère, un oncle, un parent quelconque, comment ne pas déduire que la compagne de la parturiente, dans un couple lesbien, bénéficiera, au nom de l’égalité dans les couples, de « ce congé de paternité » dit encore « congé paternel » devenu, pour l’occasion, « congé parental » ? Tout comme en bénéficiera bientôt, n’en doutons pas, le mari du père homosexuel. Le glissement des mots a été perceptible au cours de cette annonce. Mais, là, il faut revenir en arrière au Grand Débat élyséen de 2018. […]

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