Alger augmente ses exportations de gaz vers l’Europe

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L’Europe mise sur l’Algérie pour combler une partie de la baisse de ses approvisionnements en gaz russe. Plus grand exportateur de gaz d’Afrique, la Sonatrach (compagnie publique algérienne) fournit environ 11 % du gaz naturel consommé en Europe contre 47 % pour la Russie. Début juillet, TotalEnergies, Eni et Occidental Petroleum ont conclu un nouvel accord avec la Sonatrach pour poursuivre les développements sur le bassin de Berkine, situé à 300 km au sud-est de la ville de Hassi Messaoud, exploité depuis le début des années quatre-vingt-dix. S’étendant sur 102 395 km2, ce bassin a vocation à devenir un hub gazier et pétrolier. Dans le cadre de ce contrat, il est prévu de nouvelles études sismiques, le forage de 100 puits supplémentaires, ainsi que la reconversion de 46 puits existants. Les compagnies pétrolières envisagent également d’exploiter le gaz naturel pompé avec le brut. L’investissement prévu est estimé à près de 4 milliards de dollars afin de permettre, à terme, une récupération additionnelle de plus d’un milliard de barils équivalents pétrole alors que la production cumulée, à ce jour, est de l’ordre de 2,7 milliards. Renégociation. Troisième fournisseur de gaz de l’Europe après la Russie et la Norvège, l’Algérie approvisionne le marché européen via des pipelines reliant ses champs de production à l’Espagne et à l’Italie. Une partie est également expédiée sous forme liquéfiée (GNL). Profitant de la hausse des cours et des difficultés d’approvisionnement des pays de l’Union européenne, Alger renégocie actuellement à la hausse ses contrats de fourniture à ses partenaires. Depuis un an, la Sonatrach a augmenté ses exportations par gazoduc de 54 % et ses expéditions de GNL de 13 %. Les cours élevés des hydrocarbures ont permis de relancer les opérations de recherche et développement. Les dépenses d’exploration ont bondi de 70 % pour atteindre 21,5 milliards de dollars en 2021. Les réserves avérées de gaz naturel s’élèvent à près de 4 500 milliards de mètres cubes. L’Italie est le principal bénéficiaire de la hausse des exportations de gaz algérien. Le 18 juillet, peu avant sa démission, le Premier ministre italien, Mario Draghi, s’est rendu à Alger après la visite d’Abdelmadjid Tebboune à Rome, en mai dernier. Eni, la major pétrolière nationale, a renforcé son partenariat avec Sonatrach, signant un mémorandum pour le développement de champs de gaz et d’hydrogène vert en Algérie, et s’assurant la fourniture de 3 milliards de mètres cubes de gaz depuis des gisements récemment découverts. En 2021, Rome a importé 21 milliards mètres cubes de gaz algérien. Les livraisons devraient atteindre environ 30 milliards en 2024 via le pipeline Transmed. A moyen terme, l’Italie envisage même de réexporter une partie de ces hydrocarbures pour fournir l’Allemagne et l’Autriche. L’autre bénéficiaire devrait être la France. La Sonatrach a conclu un accord le 7 juillet avec Engie pour l’achat de gaz via le gazoduc Medgaz, qui passe par l’Espagne avant de franchir les Pyrénées. Pour l’instant, l’Algérie poursuit ses livraisons à l’Espagne alors que les relations entre les deux pays se sont profondément dégradées à la suite du revirement géopolitique de Madrid dans le conflit du Sahara occidental, reconnaissant dorénavant la souveraineté du Maroc sur ce territoire disputé. Alger a suspendu le traité d’amitié et de bon voisinage avec Madrid et gelé plusieurs contrats commerciaux. Certains experts s’attendent à une baisse des livraisons de gaz dans la période critique, durant l’hiver prochain.

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