À Marseille, duel féminin pour conquérir la droite

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Cela fait des décennies que les élus de droite détiennent cette circonscription, qui regroupe le XIe et une partie des Xe et XIIe arrondissements de Marseille. Mais cette belle continuité est aujourd’hui menacée : en premier lieu par le score de Valérie Pécresse à l’élection présidentielle, qui n’y a obtenu que 3,3 % des voix. Ensuite, par l’affaire des procurations frauduleuses dans un Ehpad de Saint-Barnabé lors des élections municipales de 2020, raison pour laquelle le député sortant, Julien Ravier (Les Républicains), a été déclaré inéligible. Enfin, par le ralliement de nombreux élus locaux LR à Emmanuel Macron.

Pour reprendre le flambeau, LR a choisi Sarah Boualem-Aubert, conseillère d’arrondissement, épouse du député du Vaucluse Julien Aubert et petite-fille du bachaga Boualem, grande figure des harkis. Un profil prometteur, qui n’a pourtant pas le soutien de la mairie du secteur, contrôlée par LR. Celle-ci a choisi de se ranger derrière sa rivale de la majorité, Sabrina Agresti-Roubache, productrice de cinéma et intime du couple Macron, qualifiée pour le second tour. Une position parfaitement assumée par le maire du secteur, Sylvain Souvestre, qui affirme vouloir ainsi éviter une victoire des extrêmes.

« J’étais la candidature de consensus », explique Sabrina Agresti-Roubache, choisie au dernier moment par l’Élysée, car elle entretient de bons contacts avec la droite locale, sans crisper les marcheurs historiques. Depuis, elle a reçu le soutien public de Jean-Claude Gaudin, Roland Blum et a choisi comme suppléant Didier Parakian, trois piliers de l’ancienne majorité municipale. Parmi les élus du secteur, « sur les 28, 24 m’ont rejointe », révèle la macroniste de la première heure, également auteur du livre Moi la France, je la kiffe ! (Albin Michel). Un ouvrage autobiographique où elle déclare sa flamme à la France, tout en fustigeant le laxisme sécuritaire et migratoire… De quoi plaire à l’électorat de droite.

Conserver son électorat en restant “fidèle à ses idées”

Un électorat que Sarah Boualem-Aubert compte bien conserver en misant sur la fidélité à ses idées. « J’incarne une droite de conviction, je ne trahis pas. Dans la famille, c’est une tradition, on fait honneur à la France depuis des décennies », explique celle qui assume appartenir à la droite “canal historique”, aux côtés de personnalités comme Valérie Boyer et Guy Teissier. « C’est pour ça que j’ai eu l’investiture. Il y avait d’autres prétendants, aujourd’hui chez LREM, mais le parti en avait marre de se faire avoir. Si demain je suis élue, je resterai dans le groupe LR quoi qu’il arrive », promet-elle.

Mais gare au Rassemblement national, qui est arrivé en tête du premier comme du second tour dans la circonscription et a investi la conseillère de secteur Monique Griseti. Le parti Reconquête !, qui a réalisé dans la circonscription le double de son score national, sera représenté par la conseillère régionale Sophie Grech. La Nupes se tient également en embuscade. Son jeune candidat de 26 ans, Thibaud Rosique, mène sur le terrain une campagne effrénée. Le résultat a dépendu surtout des électeurs de droite, qui ont préféré voter comme à la présidentielle plutôt que d’être loyaux à leur ancienne famille politique, à qui ils ont toujours fait confiance localement. Les urnes ont tranché.

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